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Le scarabée, le bousier ou scarabée pilulaire, fut dans l'Egypte ancienne, et plus tard dans la partie orientale du bassin méditerranéen, un animal au symbolisme très chargé.

Tout d'abord en raison de la similitude de son nom chepre avec le verbe cheper (qui signifie à peu près : venir à l'existence en prenant une forme donnée), mais aussi à cause de la conception formulée par Plutarque et qui veut qu'on

« suppose que cette sorte de coléoptère ne se compose que d'éléments mâles qui déposent leur semence dans une boule qu'ils font ensuite rouler avec leurs pattes antérieures. En imitant ainsi la course du soleil qui se déplace d'est en ouest, ils semblent suivre la direction opposée au cours des astres ».

Ce qui donna lieu à une association d'idées très étroites entre boule, soleil, auto-engendrement et régénération. Le dieu Khepri (ou Chepri) était l'image symbolique du soleil levant « né de la terre ». Les momies portent sur la poitrine en guise d'amulette un « scarabée du coeur », cependant que les scarabées servaient tout autant de sceaux que de protection magique.

Le scarabée était un motif décoratif très répandu chez les Phéniciens, les Carthaginois, les Grecs et les Etrusques au Vè siècle avant JC ; on en sculptait dans des pierres semi-précieuses telles que le jaspe et la cornaline. On trouvait des scarabées étrusques sur tous les marchés méditerranéens et on en faisait le commerce jusque dans la presqu'île de Crimée.

Le scarabée se retrouve aussi dans la symbolique pré chrétienne comme symbole de la résurrection et dans l'imagerie taoïste, comme l'emblème de ce qui s'engendre soi-même. Nous ne sommes là pas très loin en fait de Plutarque, à ceci près que la boule que le scarabée fait rouler est l'équivalent de l'oeuf du monde d'où surgit toute manifestation, et que l'auto-engendrement désigne d'abord le processus intérieur grâce auquel le méditant fait éclore la lumière au centre de lui-même.

Encyclopédie des symboles
© Droemersche Verlagsanstalt Th. Knaur Nachf., München, 2002.
© Librairie Générale Française 2004 pour la traduction française et les compléments.